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Creative Genius – Peter Fisk

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Faudrait que je le lise mais j’ai pas le temps

CREATIVE GENIUS
Peter Fisk (Capstone Publishing, 2011)

Acclamé par les têtes pensantes de multinationales telles qu’Accenture, Visa ou encore Saatchi & Saatchi, le livre de Peter Fisk, « Creative Genius », se présente comme rien de moins qu’un guide de l’innovation à l’usage des leaders de notre économie. Un projet ambitieux, certes, mais auquel l’auteur ne faillit pas. Si l’ouvrage est une véritable invitation à la sérendipité, à l’ouverture, au décloisonnement et à la curiosité, à mille lieues des fichiers Excel et autres études quantitatives ; son propos n’est pas dénué de pragmatisme pour autant : de Léonard De Vinci à Shigeru Miyamoto, en passant par Paul Smith et Banksy, l’auteur fournit des méthodes concrètes pour conduire l’innovation.

« Start with the impossible, then work out how to make it possible. »

À travers le concept de « Future Back », Peter Fisk trace la voie d’une pensée innovante en deux étapes : se projeter via l’identification d’espaces vierges et l’imagination de futurs alternatifs, puis obtenir l’adhésion de ses contemporains en adoptant l’art du storytelling de Steve Jobs ou le goût du design utile de James Dyson. L’innovation est affaire de créativité. Et la créativité, ça se décide. C’est une posture à adopter. C’est un choix à effectuer. Celui de ne pas s’asseoir devant son ordinateur pour consulter des résultats d’études quali. Celui d’emprunter un chemin bruyant, protéiforme et mouvementé, fait d’observations in vivo et d’échanges avec de vraies personnes. Celui de la remise en cause permanente et du questionnement incessant, à inscrire dans chacune des voies empruntées par l’entreprise, et ce, du plus haut manager au plus novice des vendeurs. La créativité n’est pas un don inné réservé à une poignée d’élus : c’est une démarche qui s’appréhende.

« Rules are there to be broken. »

L’avantage compétitif ultime réside dans l’inversion des paradigmes. Un problème, c’est une chance : si Samsung n’avait pas souffert d’une image bas de gamme sur les marchés occidentaux, jamais l’entreprise n’aurait développé son sens du design et de l’imagination pour devenir la firme aux produits technologiques les plus rentables. Un paradoxe, c’est une brèche dans laquelle s’infiltrer : si les banques prêtaient aux pauvres, jamais Muhammad Yunus n’aurait gagné le Prix Nobel de la Paix pour la Grameen Bank fondée sur le microcrédit. Une intuition, c’est une source de revenus potentiels : à l’origine de la Tata, il y a la simple vue d’une famille entière sur un scooter. Les potentiels drivers de l’innovation sont multiples : émissions de CO2, vieillissement de la population, sentiment de perte d’intimité des internautes…

« Subtract the obvious, add the meaningful. »

Tout l’enjeu de l’innovation est de comprendre qu’il est possible de modeler le monde à sa manière plutôt que de se plier au prototype d’un autre. Comment ? En regardant toujours plus loin, dans le temps comme dans l’espace. En collaborant avec d’autres secteurs, a priori sans rapport avec sa propre activité. En osant poser les vraies questions. En exploitant le concept de « Future Back », encore et toujours, pour sortir des sentiers battus puis se reconnecter à la vie de ses consommateurs, à leurs défis quotidiens, à leurs plus minces problèmes domestiques. Et, bien sûr, en n’oubliant jamais : « Innovation is about making people’s lives better ». De là naîtra la vraie innovation. Celle qui fournira à son inventeur une réelle avance compétitive. Celle qui fera se demander à tout un chacun « Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? ». En somme, celle qui changera les règles du jeu.

Quatre règles de conduite pour tourner le futur à son avantage :

1. Voir le monde qui nous entoure avec un regard neuf et refuser le prêt-à-penser.

2. Se donner les moyens d’être créatif : humainement, matériellement et méthodiquement.

3. Penser l’innovation en embrassant le présent et le futur, le local et le global.

4. Suivre son intuition… Et ne surtout rien lâcher.